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Dossier tabou "harcelèment sexuel, les femmes n'en peuvent plus"... VRAIMENT ?

Hier, un troisième épisode de “Dossier Tabou” était présenté sur M6. Ce dernier avait pour sujet : “Harcèlement sexuel : les femmes n’en peuvent plus”. A la vue de la bande annonce, et à l’annonce du thème, je n’étais que joie. Impatiente de découvrir ce documentaire, porté pour une fois sur un sujet qui est bien trop souvent dans l’omerta médiatique.

A 21h, je fonce devant mon poste pour découvrir, je l’espère, une magnifique émission, avec un poil de féminisme comme on l’aime et une véritable dénonciation de cet harcèlement quotidien dont chaque femme a déjà été victime au moins une fois dans sa vie. Quelle fût ma surprise en découvrant ce reportage !

Si l’idée du thème était bien bonne, je ne retrouve, aucun point commun avec ce à quoi je m’attendais à voir. Certes on ouvre ce documentaire sur des étudiantes réalisant un test dans une rue, afin de découvrir l’opinion publique sur le rapport tenue/vulgarité. Un bon début en soi, mais je ne me reconnais que dans cette partie du reportage.

Bien vite, je ressens un malaise à le visionner, un décalage. Pourquoi tout à coup, j’entends plus le mot islam, que le mot femme ? N’était-ce pas le sujet principal ?

Très vite donc, on sous-entend dans ce docu, que l’islam y est pour quelque chose dans l’augmentation de viol et de harcèlement dans les rues ces dernières décennies. Ah, on nous le prouve même, M6 a des arguments, en filmant des témoignages et un cours en amphi dans deux collèges. Et dans ce collège une fois encore, l’image reste fixée sur des jeunes hommes d’origine maghrébine. Soyons naïf, disons qu’à ce stade, il doit s’agir d’un bug de la caméra.

Puis, plus le documentaire avance, plus il devient malaisant, puisqu’on nous emmène dans les cités parisiennes, où “l’islam règne”. Où les femmes n’ont plus le droit d’aller boire un café, de sortir, doivent même changer d’épicier pour faire leur courses. Fervente féministe, je suis outrée devant ce spectacle, rempli de stéréotype et d’amalgame. En spectatrice intelligente (ouais la fleur c’est pour moi), je me pose alors la question à moi-même : “Bertille y a-t-il un endroit en ville, où tu te fais davantage harceler ? “ La réponse est non. Non, il n’y a pas d’endroit spécifique au harcèlement, même sur l’une des plus belles places d’Europe, et dans les rues les plus bourgeoises de ma ville, j’ai déjà subi le harcèlement sexuel. Dans ma fac, j’ai déjà subi le harcèlement sexuel. Il n’y a pas de lieu plus propice qu’un autre. Et puis, surtout, pas de religion (ici, on note religion et origine ethnique et culturelle vont complètement de pair aux yeux des journalistes). Le harcèlement aurait donc un visage et une religion… C’est lorsque, les images ne sous-entendent plus, mais que la voix off affirme “mais alors, l’islam serait-elle la raison de cette misogynie ?”, que je déchante littéralement. Je veux couper ma télé, ne pas participer à ce fiasco (car c’est ce que je vois personnellement comme un fiasco), et puis je me dis, naïve encore, de regarder ce documentaire jusqu’à la fin (des fois que la réponse soit plus réfléchie que cette question, sait-on jamais, j’avais l’espoir).

Mais non, après un court épisode sur le harcèlement au travail ( et une pause bien sympathique pour mon petit coeur qui commençait à bien trop s’emballer), on retourne dans cette même ZEP, retrouver ces femmes, et c’est face à un présentateur qui parle d’islam, et non plus de femme, que se clôt le reportage. Ce même reportage dont j’attendais beaucoup, dont j'espérais, qu’il traite enfin de ce sujet pour faire prendre conscience à tous que le harcèlement fait rage, et qu’il ne se passe plus un jour sans que je sorte et que je me fasse accoster, et surtout, que ma tenue n’a rien à voir avec cela. Au lieu de ça, j’éteins ma télé énervée, et triste, avec le sentiment que même les médias ne sont plus réfléchis, et que même les médias, finissent par devenir raciste. Car oui, c’est bien le mot, ce reportage est, selon moi, bourré de racisme et d’amalgame. On cherche ici selon moi, à prouver par des arguments qui ne tiennent pas debout, que les musulmans, et plus large encore, les personnes d’origine arabes, seraient les principaux responsables du harcèlement en France. Attention, je ne prétends pas qu’il n’y a aucun harcèlement dans les cités et ZEP françaises, je dis simplement ici que le harcèlement n’est si localisé que le montre ce reportage. Aucun plan n’a été tourné dans les rues commerçantes de Paris, où pourtant les viols et le harcèlement sont également bien présentes.

Les personnes ayant regardé ce reportage, dites moi, avez vous davantage retenu le harcèlement envers les femmes, ou “l’islam qui “serait” la cause de cette misogynie ? Pour moi, le documentaire était bien davantage tracé sur la place de l’islam en France ( qui semble d’ailleurs ne pas avoir sa place selon ces journalistes), que basé sur un profond problème, qu’est le harcèlement de rue. Et si les médias ont le pouvoir de faire bouger les choses en les révélant, ce soir, ils n’auront fait que confirmer l’amalgame de certains selon moi. Davantage un dossier tabou sur l’islam que sur la femme pour moi donc, ce qui est réellement regrettable étant donné l’image donné de cette religion qui plus est.

J’ai longtemps hésité, une journée pour ainsi dire, avant de publier cet article, qui me semble, très engagé. Mais je me suis finalement dit que, même si mon avis n’engage bien entendu que moi, je ne pouvais pas laisser passer cela, sans défendre mon point de vue avec vous.

Car de mon expérience personnelle, et de tous les documents que je me suis procurés aujourd’hui afin de me renseigner concrètement sur le harcèlement féminin, je peux vous le dire, la misogynie et le machisme n’ont pas de religion, pas de sexe, et surtout, pas de couleur.

N’hésitez pas à me donner votre avis sur ce reportage si vous l’avez aussi visionné, et puis si vous n’êtes pas d’accord ( ce dont vous avez tout à fait le droit), je serai ravie de discuter avec vous pour connaître votre point de vue.

Je vous embrasse, à tout bientôt !

Bertille

Article rédigé par :
Bertille CHEVALLIER

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