ReportageCatégorieLocalitésContact
No items found.

DIRECT

Photo AFP

Politique

Budget : Le grand défi de ce quinquennat

Le plus grand défi du quinquennat d'Emmanuel Macron semble être l'équilibre du budget.

Politique
Rédigé par
Nicolas BEL
Article créé le
July 21, 2017

Lors de son discours de politique générale, le Premier Ministre Edouard Philippe avait renvoyé deux mesures principales à 2019 (la suppression pour 80% des ménages de la taxe d’habitation et la réforme de l’ISF) mais, quelques jours plus tard, le Président Emmanuel Macron a forcé ce dernier à les appliquer comme prévu dès 2018. Désireux d’agir différemment de son prédécesseur, Emmanuel Macron cherche donc à suivre le calendrier initialement prévu tout en évitant l’importante baisse d’impôts que cela demanderait s’il agissait comme François Hollande. Il s’adonne donc à un exercice d’équilibre difficile. Combler une baisse d’impôts représentant 11 milliards d’euros en 2017 par une réduction de certaines dépenses publiques. Le tout, en ramenant un déficit public inférieur à 3% du PIB dès cette année, 2,7% en 2018 et à 0,5% dès 2022.

Après l’audit de la Cour des Comptes publié fin juin,  – qui affirmait notamment que le Projet de Loi de Finance (PLF 2017) soumis à la représentation nationale à l’automne 2016 ainsi que le Programme de Stabilité transmis à la Commission Européenne en avril 2017 montraient l’importance des éléments d’insincérité contenus dans ces derniers, audit qui a par ailleurs été jugé inacceptable par le Premier Ministre –  il parait très difficile pour le gouvernement de parvenir à l’équilibre d’un budget décrit comme étant « un volcan qui gronde de plus en plus fort » par Edouard Philippe.

L’exécutif a donc prévu un « souffle fiscal en faveur de l’investissement, de l’emploi et de la croissance ». Pour cela, ce dernier passera par plusieurs étapes :

-          Tout d’abord une réforme de la taxe d’habitation qui sera belle et bien mise en œuvre dès l’année prochaine, représentant ainsi 3 milliards d’euros d’impôts en moins.

-          Il y aura ensuite une baisse des cotisations sociales, avec notamment une suppression des cotisations salariales chômage et maladie, qui sera cependant compensée par une hausse de 1,7% de la CSG, pénalisant ainsi indépendants et fonctionnaires.

-          Par la suite, une refonte totale de l’ISF, qui sera – dès 2018 – remplacé par un impôt sur la fortune immobilière mais sans modifier les seuils ou les taux et en conservant les 30% d’abattement sur la résidence principale.

 

Pour équilibrer cela, le gouvernement effectuera de nombreuses économies dans les différents Ministères :

-          526 millions d’euros d’économie au Ministère de l’Intérieur, contre 120 prévus cette année.

-          850 millions au Ministère de la Défense, baisse qui a entrainé de nombreuses tensions entre l'ancien chef d’état-major des armées Pierre de Villiers et le Président de la République, conduisant ainsi le chef d’état-major à déposer sa démission le mercredi 19 juillet, poste désormais occupé par François Lecointre. Cependant pour rétablir une relation convenable avec les armées, Emmanuel Macron a promis 2% de PIB pour le budget de la défense dès 2025. Rappelant également que c’est le seul Ministère qui bénéficiera une augmentation de budget sur le long terme.

-          260 millions économisés au Ministère des Transports.

-          268 millions au Ministère de l’Economie, en réduisant par exemple le coût des programmes de numérisation.

-          282 millions au Ministère des Affaires Etrangères, dont la moitié d’une baisse de l’aide publique au développement.

-          160 millions à la Justice. Décision qui par ailleurs, passe difficilement au Ministère. Cela représente la moitié des aides budgétaires qui seront supprimées.

-          75 millions d’euros d’économie au Ministère de l’Education. Le gouvernement a cependant précisé qu’aucun poste d’enseignant ne serai touché pour la rentrée scolaire.

Partager cet article:
Réagissez a cet article !
Plus d'articles de cette catégorie