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Budget : Le grand défi de ce quinquennat

Le plus grand défi du quinquennat d'Emmanuel Macron semble être l'équilibre du budget.

Politique
Rédigé par
Nicolas BEL
Article publié le
29/9/17

Lors de son discours de politique générale, le Premier Ministre Edouard Philippe avait renvoyé deux mesures principales à 2019 (la suppression pour 80% des ménages de la taxe d’habitation et la réforme de l’ISF) mais, quelques jours plus tard, le Président Emmanuel Macron a forcé ce dernier à les appliquer comme prévu dès 2018. Désireux d’agir différemment de son prédécesseur, Emmanuel Macron cherche donc à suivre le calendrier initialement prévu tout en évitant l’importante baisse d’impôts que cela demanderait s’il agissait comme François Hollande. Il s’adonne donc à un exercice d’équilibre difficile. Combler une baisse d’impôts représentant 11 milliards d’euros en 2017 par une réduction de certaines dépenses publiques. Le tout, en ramenant un déficit public inférieur à 3% du PIB dès cette année, 2,7% en 2018 et à 0,5% dès 2022.

Après l’audit de la Cour des Comptes publié fin juin,  – qui affirmait notamment que le Projet de Loi de Finance (PLF 2017) soumis à la représentation nationale à l’automne 2016 ainsi que le Programme de Stabilité transmis à la Commission Européenne en avril 2017 montraient l’importance des éléments d’insincérité contenus dans ces derniers, audit qui a par ailleurs été jugé inacceptable par le Premier Ministre –  il parait très difficile pour le gouvernement de parvenir à l’équilibre d’un budget décrit comme étant « un volcan qui gronde de plus en plus fort » par Edouard Philippe.

L’exécutif a donc prévu un « souffle fiscal en faveur de l’investissement, de l’emploi et de la croissance ». Pour cela, ce dernier passera par plusieurs étapes :

-          Tout d’abord une réforme de la taxe d’habitation qui sera belle et bien mise en œuvre dès l’année prochaine, représentant ainsi 3 milliards d’euros d’impôts en moins.

-          Il y aura ensuite une baisse des cotisations sociales, avec notamment une suppression des cotisations salariales chômage et maladie, qui sera cependant compensée par une hausse de 1,7% de la CSG, pénalisant ainsi indépendants et fonctionnaires.

-          Par la suite, une refonte totale de l’ISF, qui sera – dès 2018 – remplacé par un impôt sur la fortune immobilière mais sans modifier les seuils ou les taux et en conservant les 30% d’abattement sur la résidence principale.

 

Pour équilibrer cela, le gouvernement effectuera de nombreuses économies dans les différents Ministères :

-          526 millions d’euros d’économie au Ministère de l’Intérieur, contre 120 prévus cette année.

-          850 millions au Ministère de la Défense, baisse qui a entrainé de nombreuses tensions entre l'ancien chef d’état-major des armées Pierre de Villiers et le Président de la République, conduisant ainsi le chef d’état-major à déposer sa démission le mercredi 19 juillet, poste désormais occupé par François Lecointre. Cependant pour rétablir une relation convenable avec les armées, Emmanuel Macron a promis 2% de PIB pour le budget de la défense dès 2025. Rappelant également que c’est le seul Ministère qui bénéficiera une augmentation de budget sur le long terme.

-          260 millions économisés au Ministère des Transports.

-          268 millions au Ministère de l’Economie, en réduisant par exemple le coût des programmes de numérisation.

-          282 millions au Ministère des Affaires Etrangères, dont la moitié d’une baisse de l’aide publique au développement.

-          160 millions à la Justice. Décision qui par ailleurs, passe difficilement au Ministère. Cela représente la moitié des aides budgétaires qui seront supprimées.

-          75 millions d’euros d’économie au Ministère de l’Education. Le gouvernement a cependant précisé qu’aucun poste d’enseignant ne serai touché pour la rentrée scolaire.

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